Sans titre (2016) and Extramentale presents
“Shrine Bright”

July 2 – August 18, 2018

Galerie HUIT
8, rue de la Calade, 13200 Arles

Exhibition view with works by Indigo Lewin, Gaia Vincensini, Sabrina Röthliberger
Exhibition view with works by Indigo Lewin, Sabrina Röthliberger
Sabrina Röthliberger, Mutant Beauty Culture, 2018 (detail)
Sabrina Röthliberger, Mutant Beauty Culture, 2018 (detail)
Exhibition view with works by Indigo Lewin, Gaia Vincensini
Gaia Vincensini, Gold Plated Swiss Protected, 2017 Costume réalisé pour le rappeur SAWMAL Clip «Rédemption» produit par LGG$B
Exhibition view with works by Indigo Lewin, Gaia Vincensini, Sabrina Röthliberger
Sabrina Röthliberger, Livres de la collection de la bibliothèque Notre Matrimoine, Section Sorcières, 2017
Sabrina Röthliberger, Livres de la collection de la bibliothèque Notre Matrimoine, Section Sorcières, 2017
Exhibition view with works by Indigo Lewin, Gaia Vincensini, Sabrina Röthliberger
Gaia Vincensini, Paye ton karma, 2017 Costume réalisé pour le rappeur SAWMAL Clip «Rédemption» produit par LGG$B
Exhibition view with works by Indigo Lewin, Gaia Vincensini
Exhibition view with works by Indigo Lewin, Sabrina Röthliberger
Sabrina Röthliberger, Panzer Stopper partie 2, 2017

Dans le cadre des Rencontres de la photographie, la commissaire Julia Marchand et son initiative curatoriale Extramentale et le project space nomade Sans titre (2016) s’associent pour proposer une exposition collective, à l’invitation de la galerie Huit.

« Shrine Bright» sonne comme une ode à l’adolescence et ses rituels : esthétiques, amoureux, d’appartenance ou de revendication.

Extramentale présente le travail de Gaia Vincensini et Sabrina Röthlisberger, préalablement exposées sous les latitudes marseillaises lors de l’exposition « Sueurs Chaudes » (2017), consacrée au gothique féminin. Leurs œuvres s’apparentent à l’allure de mobilier, ou de vêtements, et seront confrontées aux photographies sensuelles et romantiques d’Indigo Lewin, présentée par Sans titre (2016).

La pratique de Sabrina Röthlisberger est marquée par son engagement féministe et son esprit de collectivité proche du modèle des guilds. En 2014, elle fonde, aux côtés de Loren Kagny, Giulia Essyad et Gaia Vincensini, le collectif de femmes LGG$B, diminutif de ‘Loren, Giulia, Gaia, Sabrina, Billionnaire’. Deux années auparavant, elle forme le groupe House avec Gaia Vincensini, qui incarne l’un des G de LGG$B. Dans un refus d’obédience aux règles du marché de l’art, l’artiste multiplie les formats de création, telle le salon de coiffure et les œuvres-mobiliers, qui revêtent, elle aussi un caractère domestique vindicatif. Animée par un désir de s’imprégner de la littérature féministe, elle constitue de bibliothèque itinérante intitulée ‘Notre Matrimoine’. Gaia Vincensini est portée par ce même élan d’une « pratique de la proximité » qui sous-entend, chez elle, la réhabilitation de techniques anciennes de fabrication de l’image et la confection de costumes urbains. Ainsi, la gravure est devenue le creuset de son expression personnelle et le lieu des résurgences de l’esprit gothique issues de son environnement le plus direct : la ville de Genève.

Tout au long de sa jeune carrière, la photographe anglaise Indigo Lewin (née en 1993) s’est employé à rendre sensible les addictions sentimentales et relationnelles : addition à l’autre, à son souffle, à la chair, douleur du manque et une fois celui-ci passé, éternelle obsession qui empêche parfois de se projeter dans d’autres possibles.

Sa vision fantasmée d’un amour adolescent, romantique et tourmenté se précise à chaque « fanzine ». Ces publications autoproduites et qui accompagnent chaque série, font montre de la volonté de la jeune photographe de tout documenter, graver dans le temps et le papier.

« He Loves Me Not, » sa précédente série, racontait la relation obsessive, malsaine, la dépendance des adolescents fragiles au sexe et à l’amour, dans le contexte d’une accessibilité totale à l’autre grâce aux réseaux sociaux. Lewin se faisait tantôt voyeur, tantôt acteur de cette génération nostalgique, qui peine à se confronter à la réalité. Citant volontiers Taylor Swift « You’ll be the prince and I’ll be the princess. It’s a love story, baby, just say yes” elle égrenait les clichés, posant un regard amusé et lucide sur ses propres afflictions.

Pour cette nouvelle série, « Tender » le fétichisme laisse place à un regard plus empathique, généreux et compréhensif. La fougue de la jeunesse laisse place à la douceur, l’affection, la caresse, autant d’acceptations du terme « Tender » dans la langue anglaise.

Ces visions convergentes de la jeunesse et de ses passions se retrouvent pourtant en de nombreux points et laissent à voir une adolescence « emo », rebelle sans cause si ce n’est l’acceptation de soi et de l’autre.

Indigo Lewin (b. 1993, Londres) vit et travaille à Londres. Elle a étudié à l’International Center for Photography de New York City dont elle est sortie diplômée en 2014 alors qu’elle fondait le collectif Girls Only avec la curatrice Antonia Marsh. Après avoir participé à de nombreuses expositions avec le groupe aux Etats-Unis, elle a déménagé à Londres ou elle a exposé à la Galerie Crates, à la Palm Tree Gallery ou encore à la galerie Cob. Ses publications incluent ID, etc.

 

Sabrina Röthlisberger (1988) vit et travaille à Genève. En 2016, elle sort diplômée du master des Beaux-Arts de la HEAD et reçoit, un an après, le prix New Head Award / BNP Paribas et les bourses déliées du Fond cantonal d’art contemporain. Sa nouvelle performance a été retenue pour les Swiss Art Awards de cette année. Aux Urbaines de Lausanne (2017) les LGG$B ont travaillé sur un nouveau projet centré sur la jeune scène hip-hop de la région, en proposant une instal­lation immersive, vestiaire ou bestiaire, mêlant des sculp­tures, du son ainsi que deux vidéos réalisées en collaboration avec Ella Soto et SAWMAL. Elles ont été montrées à la SprintFair de Milan ou au Despacio de Costa Rica. En 2018, le collectif exposera au Raum for Kunst à Luzerne.

Gaia Vincensini (1992, Genève) a obtenu un Bachelor à l’HEAD et reçoit, avec Sabrina Röthlisberger, le prix New Head Award / BNP Paribas. Elle vit et travaille à Genève. Ses expositions individuelles et collaborations comportent : Billion Balances (LGG$B), Sprint, Milan; Treasure Island the wind among the reeves, avec Galaxia Wang, Reactor Gallery, Genève (2016); WARCRAFT (LGG$B), UP STATE, Zurich (2015); What are u feeled with, Genève; Expositions collectives: SUCS (LGG$B), Wallriss, Fribourg; Herstory, Tunnel Tunnel, Lausanne; Force, Pazioli, Renens; Aktuell Report, MJ Gallery, Genève (2016); Immortality, Forde, Genève; Swan Song, MJ Gallery, Genève; Enter the ghost, Genève (2015); Traveling Généalogique, Marbriers 4, Genève; HOUSE, Espace rien, Genève (2013).

 

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On the occasion of the Rencontres de la Photographie, the commissioner Julia Marchand and her curatorial initiative Extramentale has partnered with the nomadic project space Sans titre (2016) to propose a collective exhibition at the invitation of Galerie Huit Arles.

“Shrine Bright” strikes an ode to adolescence and its rituals: aesthetic, amorous, of belonging or of claiming to belong. Extramentale presents the work of Gaia Vincensini and Sabrina Röthlisberger, previously shown in the Marseille region amid the exhibition “Sueurs Chaudes” (2017), devoted to the feminine gothic. Their works seem to possess the allure of furniture, or of clothing, and will be juxtaposed with the sensual and romantic photographs of Indigo Lewin, presented by Sans titre (2016).

 

The practice of Sabrina Röthlisberger is marked by her feminist engagement and her spirit of collectivity, which is close to the model of guilds. In 2014, alongside Loren Kagny, Giulia Essyad and Gaia Vincensini, she founded the female collective LGG$B, an acronym for “Loren, Giulia, Gaia, Sabrina, Billionnaire.” Two years later, she formed the group House with Gaia Vincensini, who was one of the G’s of LGG$B. In a refusal of obedience to the rules of the art market, the artist multiplies the formats of creation, such as the hair salon and the furniture-works, which assume a character of domestic vengeance. Animated by the desire to infuse herself with feminist literature, she assembled a roving library entitled “Notre Matrimoine.”

 

Gaia Vincensini is carried by this same spirit of a “practice of proximity” which comes to mean, for her, the rehabilitation of antiquated techniques of fabrication of images and the creation of urban costumes. Thus, engraving becomes the crucible of her personal expression and the site of resurgences of the gothic spirit deriving from her most familiar environment: the city of Geneva.

 

Throughout the course of her young career, the English photographer Indigo Lewin (born 1993) has tasked herself to highlight sentimental and relational addictions: the addiction to an other, to his or her breath, to flesh, to the pain of absence and once this has passed, the eternal obsession that sometimes prevents one from imagining potential others. Her fantasy vision of adolescent love, romantic and tormented, clarifies itself with each “fanzine.” These self-produced publications – which accompany each series – serve to show the willingness of the young photographer to document everything, to engrave everything in time and in paper. “He Loves Me Not,” her previous series, told of the unhealthy, obsessive relationship and the dependence of fragile adolescents on sex and love, in the context of the total accessibility to sex and love offered by social media. Lewin placed herself as much in the role of voyeur as that of a member of this nostalgic generation, which confronts reality with difficulty. Willingly citing Taylor Swift – “You’ll be the prince and I’ll be the princess. It’s a love story, baby, just say yes” – she cracks open the clichés, directing a lucid and amused gaze on her own afflictions. For this new series, “Tender,” fetishism cedes place to a more empathic perspective, generous and comprehensive. The ardor of youth cedes place to sweetness, affection, the caresse, accepting all the meanings of the term “tender” in the English language. These convergent visions of youth and its passions nonetheless cross at numerous points and reveal an “emo” adolescence, rebellious without cause unless it’s the acceptance of oneself and of the other.

 

Indigo Lewin (b. 1993, London) lives and works in London. She studied at the International Center for Photography in New York City, where she graduated in 2014 and founded the collective Girls Only with the curator Antonia Marsh. After participating in numerous exhibitions with the group in the USA, she moved to London where she has exhibited at Galerie Grates, the Palm Tree Gallery, and the Cob Gallery. Her next show will be at Hauser & Wirth. Her publications include iD, Numero, and Purple.

 

Sabrina Röthlisberger (b. 1988) lives and works in Geneva. In 2016, she graduated from HEAD in Geneva with a Masters in Beaux Arts and received, a year later, the BNP Paribas New Head Award and the unrelated scholarships from the Fond Cantonal d’Art Contemporain. Her new performance has been retained for the Swiss Art Awards this year. At the Urbaines de Lausanne (2017), the LGG$B worked on a new project centered on the region’s youthful hip-hop scene, proposing an immersive installation, a cross between a coat check and a zoo, mixing sculptures and sound as well as two videos directed in collaboration with Ella Soto and SAWMAL. The videos were shown at the SprintFair of Milan and at the Despacio in Costa Rica.

 

Gaia Vincensini (b. 1992, Geneva) obtained a Bachelor’s degree from HEAD in Geneva and received, with Sabrina Röthlisberger, the BNP Paribas New Head Award. She lives and works in Geneva. Her exhibitions as an individual and as part of collaborations include: Billion Balances (LGG$B), Sprint, Milan; Treasure Island the wind among the reeves, with Galaxia Wang, Reactor Gallery, Genève (2016); WARCRAFT (LGG$B), UP STATE, Zurich (2015); What are u feeled with, Genève; Expositions collectives: SUCS (LGG$B), Wallriss, Fribourg; Herstory, Tunnel Tunnel, Lausanne; Force, Pazioli, Renens; Aktuell Report, MJ Gallery, Genève (2016); Immortality, Forde, Genève; Swan Song, MJ Gallery, Genève; Enter the ghost, Genève (2015); Traveling Généalogique, Marbriers 4, Genève; HOUSE, Espace rien, Genève (2013).